Un an.
Un an tout pile pour Kalioshka.
Enfin, officiellement bien sûr …
Un an d’existence officielle, l’occasion de faire un petit bilan …
J’ai l’impression que ça fait des années, que j’ai toujours fait ça en quelques sortes.
J
e suis à l’aise avec Kalioshka, avec mon quotidien, même si certains aspects de la gestion d’une entreprise me dépassent encore. Rien de bien neuf, c’est toujours
la gestion financière, la paperasse qui m’exaspère. Mais pour ça j’ai une super comptable et je n’ai plus de scrupule à ne pas tout maitriser. Comme elle me le dit souvent, « chacun son
métier », ça me va !
Alors un an après, qu’est-ce que ça donne ?
Difficile d’avoir du recul en fait, une année passée à toute vitesse, la tête dans le guidon, pas facile de prendre de la distance quant au quotidien.
Un quotidien
fait de rdv avec des prospects, des recommandations rédigées la plupart du temps tard le soir, semaine ou we. De l’opérationnel tout le reste du temps : suivi des opérations, recherche de
nouveaux blogs , reportings, interactions blogueurs, relationnel client, visite de lieux pour des rencontres, suivi à distance des nouvelles tendances / études sur les medias et réseaux
sociaux.
Rien d’exceptionnel mais pas le temps de chômer !
Je m’étais dit, au moment ou je murissais mon projet, que je me donnais 1 an maximum pour monter ma petite entreprise et la faire
tourner. Un an pour pouvoir m’assurer 1 an de salaire en « N+1 », un an pour provisionner un an de salaire (puisque je bénéficie du statut créateur d’entreprise du
Pole Emploi – et donc une indemnisation mensuelle pendant 15 mois à partir de la date de création de Kalioshka). Un an donc pour faire mes preuves, avoir un projet viable qui me permette de
récupérer une rémunération un petit peu supérieure à celle que j’avais en étant salariée en agence.
Ma comptable est en train de finaliser mon 1er bilan, tout va bien, j’ai même dépassé mes objectifs, et pour tout dire je suis partagée entre la fierté et
la difficulté à y croire.
Le bilan, parlons en …
Les moins :
- La solitude face à une situation sensible : avec un client difficile, un prospect que j’ai du mal à cerner, un
blogueur revendicateur
- La solitude quant à la gestion au quotidien : avoir 3 recos à envoyer dans la semaine et avoir également 40 colis à expédier, devoir
envoyer des factures à des clients et trier toute la paperasse pour la déclaration de TVA le même jour … Bref, être au four et au moulin et ressentir LA grosse solitude au moment de cliquer sur
« envoyer » pour un mail avec une reco, un devis …
- Passer une période, plus ou moins longue, un peu coupée du monde. Plus le temps de sortir, de voir ses amis, sa famille,
ou juste d’avoir du temps pour soi.
- Se sentir en décalage avec ses proches. Forcément quand on n’est plus aussi disponible on comprend vite qu’on nous le
reproche, On nous suggère de fausses bonnes idées « dis à tes clients que tu es à l’hôpital » « dis que tu coupes tout pendant 3 jours ils comprendront » … Le fait de bosser
dans un secteur méconnu voir inconnu du « grand public » n’arrange rien, comment vendre de la veille et de la réactivité si on coupe tout ne serait-ce que 2 jours ?! Heureusement,
celui qui partage ma vie est entrepreneur (je ne dis pas "heureusement" à chaque fois qu'on en parle, pas facile d'être un couple d'entrepreneurs chacun avec son entreprise, mais là pour le
coup, c'est un soutien considérable !)
Les plus :
- La satisfaction quant un prospect devient un client et me dire que je suis la seule responsable
- La possibilité de dire non à un prospect parce que je ne le sens pas ou que je ne pense pas qu’il ait une place à prendre
sur les medias et réseaux sociaux.
- Être la seule à recevoir les lauriers quand un client est satisfait du déroulement d’une opération ou qu’un blogueur me félicite. (en
devenant entrepreneur je crois qu'on est d'un coup plus sensible à ce genre de petits moments de gloire - si je vire mégalo merci de vite me le dire !)
- Voir que des blogueurs sont prêts à ma suivre, me font confiance.
- Avoir le sentiment d’avoir construit quelque chose, d’avoir réussi à « créer ».
- Conseiller des personnes qui se lancent ou y songent fortement. Partager son réseau, son
expérience.
- Former des personnes, les voir « capter » le truc et voir la petite fierté dans leurs yeux au moment précis où ils
savent qu’ils « ont le truc » justement …
- Les rencontres. Entrepreneurs d’autres secteurs, prospects, blogueurs, clients, tout est bon à prendre ! En un an je me
suis considérablement enrichie humainement. Moi qui suis d’un tempérament très solitaire, plutôt renfermée - à tendance froide - je me surprends à savourer ces rencontres et suis
toujours étonnée des surprises que me réservent cette aventure.
- Plein de nouvelles "idôles professionnelles" de rencontres marquantes. J’ai pu assister à une
conférence de Brian Solis chez Microsoft
et alors que j’étais bloquée sur le rédactionnel de mon site j’ai pu, 1h après la conférence, me mettre devant mon ordi et tout rédiger d’une traite. Assister à la Fail Conférence (à
voir ici ) chez Microsoft et écouter Gilles Babinet (voir les slides de son intervention ici) dédramatiser l’échec entrepreneurial, parce qu’il faut
toujours s’y préparer, m’a fait revoir mon schéma. Si demain je me plante, je ne vais m’empresser pas de prendre un aller simple pour une île déserte, contrairement à ce que j’ai toujours
pensé !
- La reconnaissance. Celle que j'ai, que je dois aux personnes qui m'ont fait, qui me font confiance. Je
suis bien consciente que si aujourd'hui Kalioshka se porte bien c'est parce que j'ai rencontré les bonnes personnes, aux bons moments, j'ai eu de la chance de les rencontrer
et je suis très fière de les compter à mes côtés : des amis, des proches qui m'ont soutenue, une cliente qui m'a suivie quand je lui ai dit que je montais mon agence, un autre qui s'est lancé
avec moi alors que Kalioshka n'existait pas officiellement, des contacts, des retrouvailles, des blogueurs qui m'ont mis en relation avec leurs connaissances, des personnes qui m'ont enrichie
humainement et professionnellement, bref, beaucoup de monde dans cette petite poupée russe !

Juste pour le plaisir, une des premières slides de l'intevention de Gilles Babinet, sur les "losers" connus.
Voilà pour un bilan un peu décousu, mais c’est un exercice difficile et je n’arrive pas à prendre suffisamment de recul pour mieux faire les choses … Une chose est
sure, cette aventure me plait, j’ai récemment senti que j’avais passé un cap, je suis beaucoup plus sereine et quand on me demande « Alors, tu le referais ?! », je
dis un grand OUI, et plutôt 2 fois qu’une !







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