Partager l'article ! Entreprendre aujourd’hui, zéro risque, mais beaucoup de sacrifices !: Quand je dis que j’ai monté ma structure, ...
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Ouvert en 2005 avec pour thématiques le marketing et la publicité, il a évolué pour traiter aujourd'hui de l'entrepreneuriat.
Je me suis lancée dans cette aventure en créant en janvier 2010 KALIOSHKA, agence spécialisée dans les réseaux sociaux et le management de communautés.
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Anne Claire CODORNIOU
ac.codorniou@gmail.com
Quand je dis que j’ai monté ma structure, l’une des remarques qui revient le plus souvent est « Je n’oserai pas ».
En creusant je me suis rendue compte que pour beaucoup entreprendre voulait dire prendre des risques.
Alors oui, il y en a, mais concrètement, je n’ai pas l’impression d’avoir pris des risques énormes.
Quand j’ai quitté mon précédent poste, en novembre 2009, on entendait « crise », « restructuration », « licenciements » … Autant dire
que même en étant salarié on ne se sentait pas vraiment « au chaud », et que tant qu’à faire, je préférais me dire que le jour ou ça repartirait, je préférerais que ça me profite
directement !
Depuis qu’il existe la rupture conventionnelle (pour faire court, une démission à l’amiable mais qui a l’avantage de permettre au salarié de toucher une indemnisation du pole emploi) cette part de risque qu’on imagine en parlant de monter sa boite à quasiment disparue.
Aujourd’hui on peut monter sa boite et bénéficier d’une indemnisation du Pole Emploi 15 mois après la création effective de son entreprise + pendant les mois de préparation à cette création.
Concrètement : j’ai quitté ma précédente agence fin novembre. Dès janvier j’ai pu bénéficier d’une indemnisation du Pole Emploi. (évidemment moins importante que mon précédent salaire, c’est logique).J’ai droit à 2 ans d’indemnisation. En mars Kalioshka a été officiellement créer (immatriculation au RCS). J’ai donc droit à 15 mois d’indemnisation « post création, ce qui m’amène à août 2011.
Pendant ce temps, tout l’argent que gagne Kalioshka est sur un compte pro et je n’y touche pas (je pioche juste dedans pour les multiples frais liés à une
entreprise + dépenses fournisseurs/prestas + notes de frais).
Alors c’est sur que c’est rageant de bosser à fond et au final de ne toucher qu’à peine plus du Smic, mais au moins j’ai une réserve, une provision pour mes futures
rentrées d’argent (salaire ou dividendes, tout dépendra du montant !). C’est rassurant, parce que ça me permet de provisionner d’une année sur l’autre et imaginons que pendant 2 mois je sois
incapable de travailler, ça me permettra quand même d’avoir un revenu.
Donc les risques financiers sont très réduits.
Maintenant, les risques « professionnels » …
Je l’ai déjà dit ici plusieurs fois, je pense que monter son entreprise, même si ça ne marche pas, ne peut être que bénéfique. Pour la confiance en soit, pour l’expérience, pour l’assurance, la gestion du stress, bref, pour tout … Si on est capable de trouver des clients, d’accomplir des prestations, j’imagine difficilement qu’on est inapte à trouver un travail en entreprise. Evidemment repasser salarié doit être super difficile, dur dur de rentrer dans des cases quand justement on a été seul maitre à bord, mais en cas de force majeur je pense que c’est réalisable.
Donc risques professionnels, très réduits aussi …
Les risques « personnels », peut être finalement les plus importants …
(évidemment c'est encore l'homme qui bosse et la femme qui ne fout rien ... Un autre article bientôt sur ce sujet - ou pourquoi je reçois toute la presse entrepreneuriale au nom de "Monsieur Anne Claire Codorniou" ...)
Très concrètement aujourd’hui Kalioshka me prend 80% de mon temps. Autant dire que la vie personnelle en prend un sacré coup.
On entend toujours qu’il faut être entourée et soutenu quand on se lance, et je ne peux qu’approuver. On passe par des phases de déprime, d’euphorie, de stress, de découragement, avoir quelqu’un à ses côtés qui temporise c’est important. Seulement en retour, pas grand chose. Les jeunes créateurs sont peu disponibles, ont la tête déjà trop pleine de leurs problèmes, ont les projets de « leur » boite alors difficile de concilier tout ça avec une vie personnelle.
Les compagnons/ compagnes les plus coriaces tiendront le coup, mais on les voit quand même assez souvent prendre la fuite, « jaloux » de l’attention et du temps accordé à notre projet professionnel.
Du côté des amis aussi, ça change beaucoup. On est beaucoup moins disponible qu’en étant salarié, j’étais pourtant déjà loin de compter mes heures mais maintenant très clairement si j’arrive à m’accorder 1 soirée toutes les 2 semaines je suis contente. C’est pourtant vitale pour l’équilibre, voir d’autres personnes, parler d’autres choses, rester ouvert à l’extérieur …
On tombe vite dans le cercle vicieux boulot-boulot-boulot, pas facile de s’en sortir, mais il faut se « faire violence ». J’ai un besoin viscéral de voir mes amis régulièrement, et même si je ne suis pas toujours de bonne compagnie, j’essaie de m’y tenir, je n’ai pas envie de virer acariâtre, et quels que soient leurs secteur, leurs activités, ça me fait un bien fou. de garder un œil sur d’autres univers, d’avoir leurs avis, mais aussi de savoir rester léger !
C’est le plus difficile en phase de lancement je trouve, réussir à garder un certain équilibre, à s’accorder du temps, on culpabilise vite, on paie rapidement les pots cassés et on est vite « tenté » de toujours faire passer son travail en priorité …
Parfois je prends un peu de recul sur cette nouvelle vie, je me fais un peu peur en me revoyant au milieu de la nuit dans un cybercafé en Australie en train d’envoyer une reco à un client, dans un poulailler en Corrèze pour pouvoir avoir un peu de réseau, affalée sur le canapé de la réception d’un hôtel à Bangkok en train de gérer une crise en ligne et je me dis que j’ai peut-être choisi une vie qui demande quelques sacrifices, que je passe peut-être à côté de certains bons côtés de la vie, mais le principal est que je ne le regrette pas.
Peut-être que si un jour ça marche moins bien je m’en voudrais, mais en attendant ça me convient et je continue de penser que pour se lancer et réussir seul l’investissement personnel et le travail paie, je ne crois pas à "j'ai tout fait mais ça n'a pas marché" ...
Pour toutes ces raisons, je pense vraiment qu’entreprendre aujourd’hui ça n’est pas risqué, mais ça demande énormément de sacrifices !
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