Partager l'article ! Ces petites phrases d'encouragement ... ou pas !: Quand j’ai commencé à annoncer mon projet autour de moi, j’ai eu droit à une m ...
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Ouvert en 2005 avec pour thématiques le marketing et la publicité, il a évolué pour traiter aujourd'hui de l'entrepreneuriat.
Je me suis lancée dans cette aventure en créant en janvier 2010 KALIOSHKA, agence spécialisée dans les réseaux sociaux et le management de communautés.
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Anne Claire CODORNIOU
ac.codorniou@gmail.com
« T’as de la chance !!! »
Alors si on estime que oui, on a trouvé sa voie et qu’on a le courage de se lancer, je suis d’accord. Par contre, il ne faut pas oublier certains éléments. Déjà mes revenus vont baisser, je retombe à peine plus que ce que j’avais à mon premier emploi. -700 Euros net. Ca va faire mal, je ne partais pas non plus de très loin. Ca veut dire revoir tout un tas de trucs au quotidien.
Aucune agence immo ne veut louer à quelqu’un qui n’a pas de fiche de paie, aucun banquier ne veut prêter de l’argent à quelqu’un dans une situation si instable.
J’ai le choix entre payer une mutuelle au prix fort ou prier Jésus-Marie-Joseph pour que rien ne m’arrive. N’étant pas née sous la meilleure étoile, j’ai choisi la première solution …
Donc bon, avant de voir « liberté, plus de patron, on gère son temps comme on veut » il faut garder tout ça à l’esprit.
« A 27 ans, tu te lances ?! »
C’est vrai que si on regarde les statistiques, je suis plus dans la
période mariage/1er enfant/achat d’appartement. Et oui, pour le moment, ma priorité est mon épanouissement professionnel. Ca n’empêche que j’ai certains projets personnels mais celui
qui partage ma vie est aussi entrepreneur, alors nos projets ne sont évidemment pas les mêmes que ceux d’un couple plus « standard ». Et puis mon projet, c’est un vrai bébé, il
faut que je m’en occupe tout le temps, il fait rarement ce que j’attends de lui, il me réveille la nuit, je passe des heures à le veiller, à le regarder grandir, il est au cœur de beaucoup de
discussions et je veux pour lui le meilleur.
Plus jeune, je n'étais pas prête, comment envisager de gérer une entreprise quand on a à peine fait partie d'une entreprise ?! Comment être crédible face à un propspect quand on a uniquement des stages à son actif ?
Et puis dans tout ça, je reste une fille / une femme, je sais que le
jour ou je voudrais avoir des enfants ça changera beaucoup de choses, si mon pojet est stable, viable, il faudra que je m'arrange, je sais que ça va être très compliquée, mais je ne voudrais pas
faire porter à une éventuelle progéniture la frustration de ne rien avoir tenté. Alors oui, 27 ans, ça me parait la meilleure période !
« Et cette idée, ça t'est venu comme ça ?! »
Non, je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que j’allais envoyer valser tout le confort de la vie de salariée. Annoncer à mes anciens patrons que je voulais partir pour monter ma boite a été difficile, en parler à mes proches aussi. Ce sont des nuits entières à y penser, des mois d’incertitude, une obsession quotidienne, des pages grattées, des tableaux remplis, des heures à lire des témoignages d’internautes, des phases de découragement, des phases d’euphorie, il faut apprendre à équilibrer tout ça. Ca n’est donc pas une impulsion !
« Si tu t’en sens capable, fonce »
Capable de quoi ? De se lancer ? De réussir ? De rebondir ? C’est vaste et confus. Je souffre du symptôme de « la ptite dernière », la petite sœur, la dernière de la famille, entourée de grands, de personnes qui ont réussi leur vie professionnelle alors non, face à tout ça, je ne me sens pas à la hauteur, mais c’est peut-être l’occasion de voir que je ne suis pas que « la petite dernière », que je peux réussir, ou qu’au moins, je suis capable de le tenter. Et puis en agence on est tellement indépendant que mon métier, je le connais, maintenant, la construction et la gestion d’une entreprise, je ne connais pas, mais je vais apprendre !
« Tu as un plan B si ça ne fonctionne pas ? »
J’ai été salariée pendant 5 ans, 2 CDI, une poignée de stages, des CDD, je crois que je suis « apte » au travail de salariée. Alors ça sera certainement très difficile, mais si ça ne marche pas je sais que je retrouverais du travail. Peut-être que dans un an je devrais revoir ma copie, que le bilan ne sera pas en ma faveur, mais je pense que personne ne me reprochera d’avoir tenté l’aventure. Peut-être que je devrais trouver un petit job « alimentaire » pour garder le cap, mais en tous cas aujourd’hui je fais tout pour « prévenir plutôt que guérir », et dans 6 mois je prendrais un peu de recul pour voir ce vers quoi je me dirige, en attendant … il y a beaucoup de travail !
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